Publié par : chemou | 25 septembre 2018

Equinoxe

Il fut un temps où, en cet endroit, existait une page où j’avais exposé brièvement en quoi pourrait consister le calendrier rituel que je pourrais suivre. Inspiré de la tradition égyptienne mais adapté à mon cadre de vie, j’avais fini par supprimer la page parce qu’à l’époque je n’avais pas la motivation de suivre ce calendrier. Il y a peu je me suis recréé un petit tableur avec, mois par mois, les célébrations qui me semblent importantes. En gros les fêtes liées aux divinités qui me semblent importantes. Et finalement je me rends compte que je retrouve la trame de mon calendrier originel. L’équinoxe est la deuxième fête que j’ai célébré, et encore, si on peut appeler ça célébrer. Je ne sais pas si j’ai ressenti ça pour la première fois, ou si c’est juste parce que là j’ai fais le lien entre ce sentiment et l’équinoxe, mais j’ai ressenti un profond sentiment de deuil généralisé.

Dans mon calendrier l’équinoxe marque l’assassinat d’Osiris par Seth. L’héritier de Rê sur Terre, celui qui a apporté la civilisation aux Hommes, a été trompé, tué, et son corps jeté dans le Nil. Ce fut un deuil tout d’abords pour Isis, qui entreprit alors une longue quête pour retrouver le corps de son époux, mais aussi pour les Hommes et les Dieux. De plus, le roi étant mort sans héritier, qui devrait lui succéder ? Bien sûr, Seth se proposa, mais s’il peut compter Rê parmi ses soutiens, le dieu-soleil n’est pas un tyran et il sait que les autres dieux d’Egypte ne peuvent pas encadrer Seth. C’est donc une période de deuil et d’instabilité qui s’empare du monde. L’équinoxe, en délimitant la fin de l’été, marque la fin définitive d’un passé à jamais révolu. Et comme ce qui attend Isis et Horus, une suite de défis ininterrompus à relever pour arracher la victoire et la justice et instaurer un nouvel âge d’or. Dans le mythe osirien les rôles des différents protagonistes nous éclairent et nous guident. Isis, en tant que celle qui découvre le corps d’Osiris, peut nous aider à identifier ce qu’on doit laisser derrière nous. Anubis, le premier momificateur, étant aussi celui qui guide le défunt jusqu’à la salle où sera pesé son coeur, peut nous assister dans nos transformations. Enfin, Horus, celui qui obtient la défaite de son ennemi, peut nous accorder la force de volonté pour être victorieux de nous-même.

Cette méditation sur le sens funéraire de l’équinoxe m’a amené à repenser à Thot, qui décidément ne me lâche plus. Thot, esprit et langue du Démiurge, est aussi celui qui enregistre le résultat de la pesée du coeur. Esprit du Créateur, il est le Savoir que sa compagne, Seshat, met par écrit et garde en sécurité dans les bibliothèques des temples. Progresser dans la quête du savoir, sur le chemin de Thot, c’est se rapprocher de celui dont il est l’esprit, Atoum. Celui qui émergea de l’abyme des possibles en prenant conscience de lui-même, devenant la toute première conscience, et qui créa. En passant l’épreuve de la pesée du coeur, le défunt est reconnu juste et devient l’égal des dieux, au milieu desquels il peut vivre. Alors il devient l’égal d’Atoum, le Premier qui a émergé des eaux au tout Premier Jour. L’eau semble avoir été, de par mes lectures sur les cultes isiaques au travers de l’Empire, un élément central. C’est au final complètement logique. L’eau du Nil restant au dessus des autres, toute eau est la matérialisation en ce monde de l’eau du Noun. C’est étonnant que les grecs n’aient pas associé Poséidon à Osiris, celui dont le Nil émerge du corps. Ou alors Sobek, qui en tant que dieu du Nil et de la région du delta est à la fois un dieu fertilisateur mais aussi un carnassier insatiable. D’autant plus que, s’il n’aura pas eu une grande carrière internationale comme Isis ou Anubis, il connut un grand succès chez les grecs d’Egypte. Peut-être qu’étant trop lié à son animal sacré, lui-même trop lié à la terre égyptienne, il n’était pas aussi facilement exportable.

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Publié par : chemou | 23 septembre 2018

C’est le bordel

Une fois de plus, je regrette de ne pas être suffisamment riche pour ne pas avoir plus de temps pour lire. Mais peut-être est-ce un bien, car plus j’avance et plus je lies, et plus l’Ordre est remplacé par le bordel dans mon environnement spirituel. Il me semble tellement loin ce temps, sur Ta-Noutri, où tout me semblait clair ! Comme la mer sans cesse changeante, les divinités qui m’apparaissaient comme des piliers sûrs finissent par s’évanouir, m’obligeant à reconstruire encore et encore. En était-il de même lorsque Rome, s’étendant de la Brittanie au Moyen-Orient, s’ouvrit aux dieux et déesses des quatre coins du monde ? J’imagine que oui, car au final je ne pense pas que l’humain ai beaucoup changé malgré les siècles.

Mais ces périodes de changement et de chaos apparent sont certainement normales et inévitables, comme Seth doit lutter avec Horus pour que ce dernier soit justifié. En avançant et en progressant, on voit plus nettement la complexité des choses, et plutôt que de prendre peur et faire marche arrière, il faut sans cesse continuer à avancer. Car au final, n’est-ce pas le but de toute la tradition égyptienne ? En devenant un dieu parmi les dieux, en devenant un Juste-de-voix ou en pénétrant leurs mystères, on accède à leur niveau de vision des choses. Inévitablement, ça semble incompréhensible pour quelqu’un qui n’a pas entrepris son cheminement. D’ailleurs, une des façons de devenir un dieu pour les égyptiens était de trouver le livre de Thot. Évidemment cela ne se faisait pas facilement, et sa lecture n’allait pas sans conséquence, mais quand on sait ce qu’on veut …

L’approche de l’Hermétisme dans mon voyage était peut-être déjà « prévue », la prochaine étape logique dans mon cheminement. Alliance des connaissances et des mystères du dieu ibis et des talents de communiquant du dieu marcheur, cette figure divine n’est-elle pas l’expression, finalement, de la volonté de l’élite intellectuelle égyptienne de l’époque de faire sortir la science sacrée des temples dans lesquels elle était enfermée pour lui permettre de survivre à ces temps de bouleversements ? L’hermétisme serait apparut en Égypte au 3ème siècle avant J-C, quand Rome conquiert tout juste l’Italie et commence sa lutte avec Carthage. Mais l’ Égypte, elle, est déjà vieille et au crépuscule de son indépendance. En tant que Celui-qui-complète-l’Oudjat, Thot est peut-être aussi celui qui complète les êtres.

Mais assez parlé de Thot, parlons un peu d’Hermès ! Si je devais l’associer à une seule divinité d’un seul autre panthéon, ce serait sans conteste Odin. Dieu des voyages, du commerce, de la parole et de la filouterie, ils se ressemblent beaucoup. De ce que j’ai pu trouver, le secret de son nom n’est pas encore connu, mais il semblerait que le dieu ne soit pas d’origine grecque. Certains pensent toutefois que son nom viendrait du grec herma : tas de pierres, borne frontière, ce qui expliquerait son lien avec les voyages. Ces tas de pierres qui se trouvaient le long des routes furent finalement remplacés par des piliers quadrangulaires avec tête(s) et organes virils. Assez inhabituel dans la statuaire grecque non ? Avec un petit effet statue-cube. Surtout que, vous aurez noté le (s), ces piliers pouvaient avoir jusqu’à quatre têtes. Il possède également des épithètes expliquant selon moi son association à Thot (mais pour les deux premiers j’ai aussi trouvé des significations incohérentes) :

– Acacésien : signifierait « bienveillant » ou « intelligent » ;

– Argiphonte : signifie « qui gonfle dans la clarté » et relie le dieu à la lune ascendante ;

– Phutalmios : signifie « qui fait pousser » ce qui peu s’appliquer à la richesse , mais pourquoi pas aussi à d’autres choses ?

Hermès étant aussi le dieu des coups de chance (hermaion), il est également psychopompe et oniropompe. Au final, c’est vrai qu’il s’associe plutôt bien au Seigneur-du-calame. L’Hermès Trismégiste était donc la face plus spirituelle que matérielle du dieu grec. Mais aussi, car Hermès est dit philandros, Thot-Hermès devait être le visage plus sociable du dieu retiré dans son temple !

Publié par : chemou | 13 septembre 2018

Mystère lunaire

Originaire de la ville de Khemenou, qui sera plus tard appelée Hermopolis Magna par les grecs, Thot est, de par ses liens avec la lune, une divinité complexe car relié par cet astre à tout un tas de divinités diverses. Commençons déjà par admettre que son nom égyptien, Djehouty, n’a jamais pu être décrypté ne serait-ce qu’en partie par les égyptologues. Ou par aucune autre discipline s’il était d’une origine extra-égyptienne. Ce qui nous retire un moyen de compréhension du dieu. Par contre, par curiosité j’ai cherché l’orthographe de la ville du dieu, et si je ne saurais la traduire, elle comporte le chiffre 8 (qui est très significatif pour la suite), le vase « nou » (comme dans noun) et le déterminatif de la ville.

Thot est donc un dieu lunaire. Possédant originellement la forme de l’ibis, il récupérera celle du babouin en incorporant le dieu babouin Hedjour (grand blanc), divinité lunaire également. Dans la mythologie, après que Rê ai quitté ce monde suite à la rébellion des humains, le dieu solaire proclame Thot comme son successeur, sûrement parce que la lune succède au soleil pour éclairer le ciel. La lune étant également l’œil d’Horus, le dieu ibis dispose de plusieurs épithètes en rapport avec son apparition dans le mythe osirien : Celui-qui-compte-les-parties-de-l’œil, le Remplisseur, Celui-qui-complète-l’Oudjat. Son lien avec la lune et ses cycles en fait également un dieu du temps, du calendrier, de l’astronomie, et par là de la science en générale. D’ailleurs il est aussi le Seigneur-des-paroles-divines, soit des hiéroglyphes, soit de l’écriture.

Son lien à la science et à l’écriture lui accorde plusieurs épithètes : Seigneur-du-calame, Celui-qui-compte-les-années-les-mois-les-jours-les-heures-et-les-minutes. Par un autre épithète (Celui-qui-compte-le-temps-de-vie) il est aussi lié au destin, « le souffle de vie étant dans son poing, Chaï et Renenoutet auprès de lui. » Les mois lunaires utilisés pour le calendrier religieux ne collant pas exactement avec l’année solaire, deux mythes ont été élaborés par les égyptiens pour expliquer ce décalage. Dans l’un d’eux, Thot a raccourci le mois lunaire pour s’approprier une partie des offrandes destinées à Rê, dans l’autre, la lune étant aussi liée à Osiris, Thot aurait carrément volé des morceaux du cadavre du dieu assassiné (Hermès es-tu là ?). Maître du temps, c’est par son action qu’auraient été créés les jours épagomènes permettant à Nout de donner naissance à Osiris, Isis, Seth, Nephtys, et selon certaines versions du mythe Horus l’Ancien.

Dieu de l’écriture, il est aussi le dieu des langues et est donc celui qui a donné à chaque peuple son langage et sa manière de l’écrire. Cela fait aussi de lui le dieu de la magie et de la Loi. Il est dit être la langue et l’esprit du démiurge, et dans certains contes il est le rédacteur d’un livre qui, s’il était lu et surtout compris par un mortel, ferait de lui un être quasi-divin.

En fait, en fouillant dans mes livres, Khemenou aurait pu signifier La Ville des Huit. En effet l’Ogdoade serait née dans cette cité et serait morte non loin une fois son office accomplie. Composée de quatre couples divins, les dieux ayant une tête de grenouille et les déesses une tête de serpent, ils représentaient l’étendue d’eau initiale d’où émergea la Création, l’infinité, les ténèbres, et ce qui est caché. Bref, l’univers avant la Création. De l’eau émergea la terre, où l’Ogdoade fit pousser un lotus. De ce dernier naquit Rê. D’un autre bouton de Lotus naquit une naine, avec laquelle Rê donna naissance à Thot.

Pourquoi cet article alors que, du duo Thot/Seshat j’avais toujours penché vers la seconde ? Parce que dernièrement je me suis intéressé à l’hermétisme antique, et donc à Thot-Hermès Trismégiste. Comme je l’ai déjà également dit notamment à propos de Sérapis, j’ai du mal avec le syncrétisme. Surtout quand là Hermès est associé à non pas une mais deux divinités (Thot et Anubis). Bien sûr je ne nie pas les liens entre eux : les deux sont reliés à l’Au-Delà, à la communication, et à la filouterie dans une certaine mesure … Mais quand même. En Germanie, les historiens ont retrouvé des attestations d’un Mercurius Cimbrianus qui aurait été identifié à Odin. A la limite, assimiler Thot à Odin directement, pourquoi pas, mais peut-être est-ce dû à ma méconnaissance du dieu grec. Surtout que la figure hermétique à l’air bien plus axée sur la Connaissance que sur le commerce et la harangue.

Publié par : chemou | 17 août 2018

Celui de l’eau

Cela faisait quelques temps que cela ne m’était pas arrivé, mais un nouveau dieu est venu se manifester à moi, continuant de développer le « quartier romain » des divinités qui me sont importantes. Je n’ai pas autant de livres sur les divinités romaines que je le voudrais (et que je pourrais lire, surtout si je veux avancer dans tous les panthéons qui m’intéressent !) du coup je vais faire surtout avec le net (sites et fora). Au fait, comme vous l’aurez sûrement compris avec le titre, je vais parler de Neptune.

Je vais essayé de faire un truc un minimum construit donc je vais commencé par l’étymologie de son nom. Car le nom de quelque chose c’est juste méga important selon moi. Bon donc ça commence mal déjà car il y a plusieurs théories sur l’origine de son nom :

– son nom proviendrait du latin nuptus, une forme verbale liée au mariage ;

– il viendrait de l’indo-européen neptu (substance humide, liquide ?) ;

– toujours de l’indo-européen, il pourrait provenir de nebh (nuage) ce qui le relierait à la pluie ;

– son origine serait l’appellation de son équivalent étrusque Nethunus, lui-même venant du nom de la cité Nepete qui aurait vu naître 2 héros, fils du dieu. Cette dernière hypothèse ne fait pas vraiment l’unanimité, par contre, les autres, si elles semblent s’exclure, ne sont pas si antagonistes que ça. Originellement dieu des eaux douces, il est très tôt identifié au Poséidon grec (dès le 5ème siècle avec J-C, soit la période républicaine).

Sa fête, les neptunalia, était célébrée le 23 juillet. Les romains dressaient des huttes de branchages dans un bois et pique-niquaient et buvaient du vin ensemble, sans distinction de sexe, pour se prémunir de la chaleur estivale. Il faisait aussi partie des 4 dieux romains auxquels le peuple pouvait sacrifier un taureau, les autres étant Apollon, Mars et Jupiter.

Neptune avait 2 parèdres, Salacia et Venilia, également donnée parèdre de Janus. La première aurait représenté les eaux agitées (latin salax : sauter, jaillir, et serait aussi l’origine du mot salace) et salées (latin salum). La seconde quant à elle contrôlerait les eaux calmes, les vents (ventus), et aurait des caractéristiques vénusiaques (latin venia : grâce, faveur, pardon, bienveillance). Les déesses pourraient aussi ne former aussi qu’une seule et même divinité, les différents noms ne servant qu’à expliciter ses domaines de compétence, étant eux-mêmes, par extension, ceux de Neptune. Quoi qu’il en soit, l’association de Neptune avec sa/ses parèdres, sans oublier l’ambiance particulière de sa fête, donne au dieu, en plus de sa fonction je dirais, purement élémentaire de dieu de l’eau, un rôle de dieu fertilisateur. Ce qui est logique, en un sens. Et c’est aussi ce qui pourrait expliquer son lien avec les chevaux (conducteur de chevaux = conducteur de la fertilité ? Et ce ne sont pas les nordiques qui avaient un rituel de fertilité impliquant un pénis de cheval ?) et les taureaux. De plus l’eau douce, qu’elle provienne du ciel ou de la terre, associée aux animaux énoncés précédemment me font penser à l’agriculture.

Il existe aussi une théorie faisant venir le dieu de Phénicie par l’intermédiaire de Mycènes, malheureusement je ne possède pas le livre où cette thèse est présentée, mais on peut trouver des infos sur le net anglophone. Originellement Enki, dieu sumérien de l’eau, Poséidon sera vénéré à Beyrouth, à Delos (sous le nom Poséidon d’Ascalon), par les marins et les marchands phéniciens, ce qui en faisait plutôt un dieu des marins que de la mer en elle-même. Par contre là pour le coup, je demande à voir toutes les transformations subies par le dieu. Mais d’un autre côté, sans avoir vu bien sûr la théorie dans le détail, ça n’est pas capillotracté de voir un dieu de la mer protéger les marins et leurs activités.

Bon, maintenant que tout ça a été dit, passons au côté plus personnel. Déjà, les circonstances dans lesquelles m’est apparu le dieu sont à la fois assez bizarres et en même temps complètement dans le thème. En effet, c’est pendant que je m’astreignait à ma séance de natation hebdomadaire qu’il est venu me voir. Et si Isis est aussi une déesse protectrice des marins, elle est plutôt une déesse aérienne. Neptune est une divinité quasi élémentaire, dans le sens où il est le dieu de l’eau, mais dont le domaine de compétence s’étend par association au-delà de ce strict milieu aquatique comme par exemple avec la fertilité, l’agriculture, mais aussi, par la protection des marins, au commerce et à la guerre. L’eau, qu’elle soit douce ou salée, est une aussi une manifestation de l’eau du Noun, l’abîme aquatique dont tout provient, même les divinités ! Cela ne concerne que moi bien sûr, mais entre le silence, la simili-gravité, et la sensation de l’eau enlaçant tout son corps, je trouve la natation vraiment apaisante et relaxante.

Et du coup, m’apparaissant ainsi, il a de suite trouvé sa place dans la compagnie des dieux que je loue. Ce n’est pas quelque chose de sourcé dans le sens où à ma connaissance aucun temple lui étant dédié n’a été retrouvé en Normandie mais, sans que cela ne soit le fruit d’une réflexion, je l’ai de suite considéré comme parèdre de Cybèle en tant que divinité tutélaire de ma Normandie natale. D’où, pour ceux ayant visité dernièrement le forum semat-ankhti, mon petit sujet sur ma région. Mais de toute façon, c’était un dieu de l’Empire, comme elle était une déesse de l’Empire. Et puis bon je ne sais pas vraiment fonctionnaient les divinités poliades gréco-romaines, mais en Égypte elle s’organisaient toujours en couple avec enfant. Ce dernier ne s’est pas encore manifesté, ou peut-être qu’il l’a fait bien avant ses parents et que je ne l’ai juste pas encore identifié en tant que tel.

Publié par : chemou | 30 juillet 2018

Destination finale

Attention, ce billet a été écrit suite à une discussion avec une personne inspirée à coup de boissons spiritueuses diverses et variées. Néanmoins, parmi le flot de propos, une phrase a attirée mon attention : elle parlait d’être complet. Normalement ce terme aurait dû me faire penser à Horus et notamment son œil, qui est le symbole de la complétion suite au mythe lui crève un œil qui est plus tard réparé par Thot. Pourtant ce n’est pas lui auquel j’ai pensé directement, même si Horus n’est pas sans lien avec cette divinité.

Il s’agit de Nefertoum, le dieu au doux parfum qui peut se montrer aussi paisible qu’implacable. En effet, reprenant mes écrits précédents sur ce dieu, il est l’accomplissement, le parachèvement de la Création. Il est donc, et au plus haut point, complet. De plus, il n’est pas sans rapport avec toutes les autres divinités car étant le dieu des onguents et des parfums, il est le dieu des odeurs agréables et, si je ne crois pas que ce soit écrit dans quelque livre que ce soit, il est donc relié à l’encens. Car quel est le but de l’encens sinon être agréable au nez des divinités ? De plus certains termes signifient à la fois parfumer et faire des fumigations. Et même si c’est plus romain qu’égyptien, les offrandes qui était disposées sur l’autel à feu pour les divinités étaient efficaces car l’odeur de leur consumation montait jusqu’aux Cieux. Dieu d’offrande et donc d’une certaine manière dieu-offrande, il s’élève jusqu’aux divinités par son sacrifice. D’ailleurs cette phrase m’en rappelle une autre, disant que Nefertoum est apparu comme un lotus au nez de Rê. Ça fait un peu offrande dit comme ça.

Donc, où veux-je en venir avec tout ça ? Précédemment j’avais dit que, par son rapport aux fleurs et aux onguents, Nefertoum apportait aux mortels ce petit morceau de vie parfaite et idyllique qui est celle des dieux immortels. Mais du coup il montre aussi comment les rejoindre. Sois leur agréable, sois leur offrande, sois leur sacrifice. En te rendant sacré, tu auras gagné ta place parmi eux. Et si de prime abords il semble aux antipodes d’Horus sur ce point, c’est juste qu’ils abordent ce même problème sous un angle différent. Car que montre l’exemple d’Horus ? En accomplissant la Maât, on est reconnu juste de voix et l’on peut poursuivre l’éternité en compagnie des dieux. Ça fait un peu plus guerrier dit comme ça mais la finalité est la même : se rendre agréable aux dieux par ses actions conformes à la Maât, en devenant Horus soi-même en quelque sorte, en incarnant le dieu dans sa chaire, en se rendant sacré.

Et n’est-ce pas là le bout de tout cheminement spirituel ? Si tous sont uniques et donc différents, tous mènent à la même destination.

Publié par : chemou | 2 juillet 2018

Croire

Lors du dernier pèlerinage au Puy-de-Dôme, j’ai participé à une discussion concernant l’intérêt (ou plutôt le désintérêt en fait) des français pour les traditions pré-chrétiennes. En effet, et on l’a vu avec un article récent du courrier international sur la Lituanie, ces traditions religieuses connaissent un certain engouement dans divers pays mais nous ne le retrouvons guère chez nous. Si la laïcité est une partie de la réponse, on se questionnait sur le poids du matérialisme et du consumérisme dans notre société et de sa capacité à remplacer une quelconque spiritualité. Du coup, je me suis posé la question à moi-même : « Pourquoi tu te fais chier à réfléchir, lire des livres qui sont parfois en anglais, à rouler pendant plusieurs heures et dépenser une fortune en péage et essence pour rejoindre d’autres tarés et escalader un fichu volcan alors que tu pourrais faire les soldes et regarder les anges de la télé-réalité comme tout le monde bordel de brun ?! ». Attention, pavé indigeste et chaotique en approche.

Chaque personne doit avoir sa propre raison, comme j’ai la mienne. Pour moi tout commença par une croyance qui, nourrie par un raisonnement logique et des recherches, aboutie à mon adhésion à une tradition et tout ce qui s’en suit. Le fait de croire est donc la base de tout, ce qui est plutôt évident au final. Hors, dans notre société française où le Roi de droit divin et sa famille ont été assassinés, où l’Église a été séparée de l’État, et plus largement dans notre occident où le consumérisme et la science (voir le scientisme, à ne pas confondre avec la scientologie) sont l’alpha et l’oméga, difficile de croire en des divinités. Comme on oppose la science rationnelle, logique et mathématique, à la croyance irrationnelle, d’un autre âge et invérifiable, de base, le développement des paganismes en France semble être mal barré. Il n’y a pas de chiffres vraiment récents mais selon ce que j’ai pu trouver sur le net, grosso modo, 60% des français se réclament du christianisme (dans toutes les acceptations que ça peut avoir), et 8% se réclament de l’islam. Les « autres » religions (comprenant le judaïsme) ne représentant que 2% de la population. Mine de rien ça fait 30% de non-religieux, et selon les estimations ce chiffre va en augmentant, et ce même si l’islam est aussi appelé à croître.

C’est intéressant de noter que, même si le catholicisme semble être en perte de vitesse par rapport aux autres mouvances chrétiennes, ces dernières n’arrivent pas à enrayer cette chute du christianisme. Et pourquoi le christianisme s’affaiblit alors que l’islam se renforce ? Quand on regarde les chiffres disponibles sur l’immigration (qui datent de 2012) nous avons en gros 10% de plus pour l’immigration depuis un autre pays européen, donc historiquement chrétien, que pour un pays africain, continent qui n’a jamais été unifié religieusement et qui est partagé entre l’islam et le christianisme. L’immigration serait donc en faveur des « chrétiens ». Quant à la conversion il est difficile de comparer, d’autant qu’on peut le faire pour rejoindre une religion comme pour en sortir. Aussi, les raisons de cette conversion peuvent être intéressantes à connaître. Est-ce vraiment par adhésion spirituelle (là encore, pourquoi une religion et pas une autre ?), ou pour formaliser une union entre une personne déjà religieuse et une autre qui ne l’est pas ? En fait, je crois qu’en France le christianisme est juste en train de perdre son son bénéfice passé de « religion d’État » et qu’au bout du compte il jouera à armes égales avec l’islam et l’athéisme.

Pourquoi croire ? Et surtout, pourquoi croire en quelque chose et pas autre chose ? J’ai moi-même suivi tout le cursus du catéchisme et de la communion. Pourtant je n’ai strictement aucun souvenir de ce que j’y ai appris, mis à part les très grandes lignes qu’on connaît tous. Pour moi tout ça n’avait pour but que d’avoir des cadeaux à la fin, comme mes grands-frères avant moi. Aller à l’Église tous les dimanches était une corvée, de même que d’aller au catéchisme, et mes parents n’ont pas vraiment montré l’exemple car ils ne sont pas plus pratiquants que moi. Même quant à leur croyance au Dieu chrétien je suis fortement suspicieux. Alors, quand j’ai commencé à me poser sérieusement des questions spirituelles, qu’est-ce qui a fait pencher la balance en faveur du polythéisme plutôt que vers le monothéisme ? Du point de vue des références, tout penchait clairement en la faveur du christianisme, et plus précisément du catholicisme, car il s’agit de la seule religion pratiquée et évoquée dans mon entourage familial. Même si je n’avais eu aucun intérêt pour lui dans mon enfance, ça aurait été l’occasion de le redécouvrir. Mais non. Du côté des influences, au contraire, tout penchait en faveur du polythéisme. Amateur de fantasy, j’ai cheminé à travers moult mondes virtuels habités par autant d’êtres divins. De plus j’ai toujours eu un grand intérêt pour le Japon et ses kamis, même si ces derniers n’ont au final jamais intégré ma pratique. Enfin, je voyais l’antiquité comme une sorte d’âge d’or perdu pour toujours dans les brouillards du mystère et du temps. L’Égypte, la Grèce, Rome, Carthage et même les civilisations précolombiennes. Tout ça m’a toujours fasciné.

Cette simple « opération mathématique » suffit-elle ? Au fil de mes pérégrinations virtuelles, « l’Appel » a souvent été évoqué. Ce dernier proviendrait d’une ou de plusieurs divinités et marquerait le début de la voie spirituelle. D’ailleurs, il souvent été aussi évoqué par des monothéistes, qu’ils soient prêtres ou sœurs. Ce n’est donc pas quelque chose d’exclusivement polythéiste ou païen. En ce qui me concerne, cet appel m’a quelque peu perturbé car, comme j’ai déjà dû le dire, j’ai longuement hésité aux balbutiements de mon cheminement entre Freya et Bastet. La seconde l’aura emporté, mais au final le panthéon germano-scandinave a intégré ma pratique quand même. Mais vu la question qui m’a amené sur le chemin des paganisme, en fait ça se posait surtout entre Osiris et Hela, et là la balance aurait clairement penché en faveur de l’Égypte !

Dans un autre registre, dans une vidéo concernant la gestion de l’apostasie par l’islam, un ex-musulman avançait l’hypothèse que les religions se maintenaient génération après génération parce que les enfants recopiaient leurs parents et adoptaient donc la même religion qu’eux. Ce mécanisme favoriserait le maintient, dans le cadre de sa vidéo, de l’islam dans les pays musulmans peu démocratiques et où la liberté de culte n’est pas aussi protégée qu’en France. Il pourrait aussi expliquer chez nous la perte de vitesse du christianisme car, les gens ayant moins de pression pour garder une « religion d’apparat », ils la quittent, éduquent leurs enfants loin de la religion, et ces derniers feront de même. Mais je ne pense pas me tromper en disant que les païens français ne sont pas nés dans des familles païennes.

Bon, au final tout ça ne mène pas à une réponse claire. Peut-être n’existe-t-elle pas, mais je n’y crois pas. Cette équation est forcément cachée quelque part, comme le livre de Thot ! Ou alors ce qui m’a fait pencher vers le polythéisme ce sont les jeux vidéos, ou les mauvais souvenirs du cathé … Peut-être aussi que ce sont bien les divinités au final qui m’ont appelé. Mais alors comment expliquer la coexistence du Dieu et des divinités vu que tous pratiquent l’Appel ? J’entends déjà le sempiternel : « parce qu’il n’y a pas qu’une vérité, blablablabla … » Non, ça ce n’est pas une réponse, juste une esquive. C’est comme si on disait que la terre pouvait être plate et ronde en même temps, ou qu’elle pouvait être pleine et à la fois creuse et habitée par des reptiliens.

Il y a peut-être quelque chose à chercher dans les définitions. Reprenons depuis le début, et enfonçons des portes ouvertes. Globalement, pour les polythéismes, il n’y a pas de cloison hermétique entre les différentes catégories d’êtres immatérielles, quelque soit la tradition étudiée. Les dieux scandinaves descendent des géants, les dieux grecques descendent également des titans, et pour ce qui est de la tradition égyptienne, il n’existe tout simplement rien d’autre que des divinités d’importances diverses. Même au Japon où il existe une plusieurs catégories d’êtres spirituels on peut vouer un culte à chacune d’entre elles.

Pour les monothéismes il n’y a qu’un seul dieu cumulant tous les pouvoirs et toutes les fonctions, les autres entités immatérielles étant ses créatures et lui étant éternellement et irrémédiablement inférieures et soumises. Les anges sont universels aux religions abrahamiques, et les catholiques adulent (pour ne pas dire adorent car ils n’adorent que Dieu) les saints. En fait la seule différence entre eux et nous, c’est le statut de ces « autres que le démiurge ». Pourtant, étant de facture divine, les créations du démiurge devraient être divines également, non ? Bref, ce n’est pas dans cette direction que semble être la réponse.

Peut-être qu’au final ça dépend vraiment de l’individu, de cette petite étincelle divine qu’il ne tient qu’à nous de trouver et d’alimenter. Vraisemblablement, en voyant que des individus partant plus ou moins du même point de départ spirituel peuvent prendre des chemins différents (différentes traditions, différentes pratiques, différentes croyances), je suis tenté de croire que notre héritage compte au nombre de nos influences. Mais ce n’en est qu’une de plus. Libre à nous de lui donner la place qu’on souhaite, comme il ne tient qu’à nous de prêter l’oreille à ce que disent les divinités. Du coup pourquoi certains se tournent plus facilement vers la spiritualité que d’autres ? J’imagine que ça tient aussi de notre héritage spirituel, plus fort chez certains et plus facile à rallumer.

Publié par : chemou | 6 juin 2018

La quête des runes

Dernièrement, je me suis remis à l’étude des runes. Ce n’est pas la première fois que ça me vient en tête, mais c’est sûrement la première fois que je prends ce travail avec autant de sérieux. Il y a trop de facteurs qui peuvent expliquer ce retour, alors que pendant ma première tentative elles m’avaient semblé complètement obscures et inaccessibles. Je pense que je n’avais pas assez creusé le problème pour commencer, car alors j’aurais aperçu les ponts se dressant entre ce système d’écriture et d’autres systèmes que je connais mieux. C’est notamment le cas du système hiéroglyphique égyptien car s’il ne fait aucun doute que l’égyptien, que ce soit par l’oral ou l’écrit, n’a absolument rien à voir avec les anciennes langues germano-scandinaves, l’utilisation que pouvaient avoir ces peuples de l’écriture (mais au final c’était peut-être le cas de tous les peuples je ne sais pas) me semble proche dans leur finalité. Et même après les simplifications successives de la graphie qui aboutirent au démotique puis à l’usage du grec, les hiéroglyphes « à l’ancienne » restèrent l’écriture magico-sacrée égyptienne.

Le truc c’est que je ne sais même pas pourquoi je les apprends, avec quel objectif. J’ai vu sur différents blogs que l’usage contemporain des runes chez les païens fait un peu débat parce qu’elle ne sera pas « historique ». D’une part certains les utilisent dans leur pratique magique, et d’autre part certains les utilisent comme outil de divination. Basiquement, je ne pratique pas la magie pour des raisons que j’ai beaucoup répété, et la divination … Je m’y suis essayé et, comme pour le shamanisme, je crois que je n’ai pas la fibre pour. Une partie de la réponse doit se trouver dans l’histoire des runes, ou plutôt des histoires.

Du point de vue mythologique, la découverte/création des runes par Odin est aussi intéressante qu’intriguante. Il se sacrifie à lui-même en suivant une procédure bien définie pour se retrouver aux portes de la mort, et là il « hurle » les runes. N’étant pas spécialiste de cette tradition à la base je vais peut-être dire des bêtises mais tout ce processus laisse à penser que les runes étaient initialement inconnues d’Odin, et que pour en prendre connaissance il dû se rendre à la lisière de l’Autre Monde (la nécromancie, et la magie en général, est une pratique qui lui est connue si je ne m’abuse). Le savoir runique est donc un savoir préexistant au dieu. Alors que dans la mythologie égyptienne, si l’on sait que les hiéroglyphes viennent de Thot, à ma connaissance il n’existe pas de mythe racontant leur création/enseignement aux Hommes. Tandis que le dieu égyptien représente le savoir lui-même, le germano-nordique est la quête qui y mène.

Du point de vue historique, j’ai toujours considéré que ce système d’écriture était purement nordique. Pas même germain. Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que nenni. Et même que l’hypothèse la plus probable (selon ce que j’ai trouvé sur le net) fait de l’alphabet runique une récupération/adaptation de l’alphabet étrusque, la zone d’échange ayant été la région des Alpes. Ainsi, d’une certaine manière, le monde germano-nordique est relié au monde latin, bouclant la boucle de mes influences spirituelles. Pour info, selon wikipédia les historiens datent les premières inscriptions runiques découvertes du 1er siècle de notre ère, date coïncidant grosso merdo à la date de la mort du 1er empereur romain (Auguste).

De plus, contrairement aux hiéroglyphes qui sont clairement figuratifs même si parfois la symbolique est difficile à maîtriser, les runes ont ce côté mystérieux jusque dans leur graphie. Au premier abord du moins car ceux qui sont habitués à travailler avec elles ont tous leur petite analyse. En plus, si l’on se base sur l’ancien futhark qui semble le plus utilisé, il ne comporte que 24 runes. Concernant les hiéroglyphes, il y en a plusieurs centaines. Même si au premier regard leur compréhension peut sembler plus simple par leur côté figuratif, leur maîtrise demande au moins autant de temps que tout autre système ce qui, multiplié par le nombre des signes, fait que, sans être impossible, c’est très fastidieux.

En fait j’ai l’impression qu’Odin est indissociable des runes et que d’une certaine manière c’est autant lui qu’elles qui me pousse à cette étude. Pourtant ce n’est pas que le panthéon égyptien manque de divinités liées au savoir, mais Odin est unique en son genre. Ce n’est pas tant le dieu du savoir que celui de sa quête et de son utilisation pour accéder à ses fins.

Dans les contes égyptiens, nombreux sont ceux racontant l’histoire d’érudits/sorciers (l’un va toujours avec l’autre) à la recherche du mythique Livre de Thot conférant des pouvoirs dignes de ceux d’un dieu. Mais son obtention est toujours vu par son divin rédacteur comme un sacrilège et, au final, le mage qui l’a découvert fini toujours par s’en débarrasser car il devient plus une malédiction qu’autre chose.

Sans doute parce que les peuples germano-scandinaves se sont développés dans de toutes autres conditions, leur vision du Savoir était différente. D’ailleurs à ce niveau on peut dissocier les scandinaves des germains car leur environnement devait être encore plus rude. Le Savoir, magique ou pas, était une question de survie. D’ailleurs ça se retrouve avec toutes les pérégrinations d’Odin, sa récolte de la moitié des guerriers tombés, etc. En tant que chef des dieux, il est de sa responsabilité d’assurer leur survie face à leurs nombreux ennemis. Même si au final la mort est inéluctable. Car en plus de ne pas être immortels, les dieux du Nord ne sont pas invulnérables. Au final Odin est un peu le dieu du survivalisme !

Publié par : chemou | 4 avril 2018

Travail spirituel

Cela fait un certain temps que l’idée d’écrire un nouvel article dans la continuité des 02 précédents me trotte dans la tête sans se concrétiser. Pas assez organisé, pas assez de choses à dire. Mais du coup toutes ces idées gravitent dans ma tête alors il est temps que je les couchent sur papier, fusse-t-il virtuel.

Depuis mon dernier article donc, la conception que j’ai de ma propre voie s’est un peu plus décantée et je dois bien avouer que j’ai pour les « monotrads » un certain respect mêlée à de l’incompréhension car leur capacité à se trouver à leur aise dans une seule voie m’est pour le moment (et pour un certain temps je pense) complètement hors de portée. Pourtant cela commençait relativement bien, l’Égypte m’a initié au paganisme et, peu importe les évolutions marquant mon cheminement, elle est toujours restée avec moi, servant de cadre au sein duquel venait se greffer et s’articuler toutes les nouveautés que je découvrais, au final peu nombreuses. Mais voilà, je vies au XXIème siècle ! Les Dieux et les concepts de terres lointaines ne me sont pas inconnues et m’aident même à ce que ce cadre spirituel soit stable et équilibré. Et comme pour certains païens, je peux dire que ma spiritualité est en adéquation avec ma profession.

En effet, comme j’en avais parlé en ces lieux il y a de cela de nombreux mois, j’ai quitté un boulot de merde dans une entreprise de merde pour un tout autre secteur d’activité. Cela fait suite à un « concours » auquel j’ai su après coup que j’ai failli échouer (à cause du système des notes éliminatoires), 06 mois de formations en école qui n’ont pas été de tout repos tant physiquement que moralement, mais voilà. Je ne prétendrais pas adorer me lever tôt le matin pour faire mon heure de transport en commun (à travers des couloirs de métro qui sentent tout sauf la rose) pour aller bosser (c’est malheureusement le lot quotidien de beaucoup de franciliens), mais j’ai un boulot qui me plaît (alors que je n’y croyais pas moi-même à la base), et surtout qui a un sens et me fait me sentir utile à la société. J’ai alors en mémoire ces rares païens (souvent des sorcières) qui disaient sur leur blog à quel point c’était une chance de pouvoir concilier ses vies professionnelle et spirituelle. Je ne peux que leur donner raison. Cette découverte a aussi été l’occasion pour moi de découvrir que, malgré tous les points positifs que ma nouvelle vie m’avait apportée, ce pouvait ne pas être suffisant pour abandonner une situation moisie.

Certes, comme je l’ai dit, j’ai eu mon travail après un lot d’épreuves qui peuvent être plus ou moins difficiles selon les situations personnelles (recevoir 06 mois de formations en ne rentrant pas tous les week-ends, c’est plus facile en étant célibataire sans enfant qu’en ayant une famille). Mais on a rien sans rien et en faisant le compte rationnel des plus et des moins je trouvais et je trouve toujours que le jeu en vaut largement la chandelle. Mais force est de constater que mes anciens collègues de taf, avec qui je suis toujours en contact, ne l’entendent pas de cette oreille. J’imagine que l’équation est moins rationnelle qu’il n’y paraît et que, peut-être, elle m’a été attribuée par les Dieux, eux qui sondent les âmes et leurs cœurs comme personne.

Cette harmonie entre travail et spiritualité est également source de richesse et d’approfondissement des 02 parties et, je pense, un moyen de ne pas tomber dans le passéisme (mais ça dépend sans doute du métier que l’on a). En ce qui me concerne, cela a eu comme cause et conséquence de renforcer la place déjà centrale d’Horus dans ma divine compagnie. Horus, dieu solaire de l’Ordre toujours victorieux car sans cesse renouvelé pour faire face à son Adversaire, Celui qui met Maât au cœur de son action. Parangon personnel comme professionnel.  C’est d’ailleurs un point intéressant que ce ne soit pas une divinité égyptienne qui m’ai orienté. Cela m’a amené à me poser une question par rapport à la pratique du polythéisme.

Au bout d’un moment, quand on travaille ou qu’on souhaite tout simplement honorer plusieurs divinités, la réalisation d’un autel peut devenir compliqué. Que l’on soit plutôt statuette ou objet symbolique, comment fait-on pour représenter convenablement les divinités que l’on souhaite honorer ? J’ai trouvé ma propre réponse, et je suis conscient qu’elle n’est valable que pour moi. Il fut un temps j’avais songé acheté un kamidana. Déjà parce que je trouvais cela esthétique, mais aussi parce que ça avait un côté « vrai autel » plutôt qu’un truc bricolé. Mais je n’ai jamais sauté le pas parce que ce n’est pas un objet adapté à la conception que j’avais d’un autel à ce moment là. Alors que finalement pas du tout.

Sur le kamidana, en plus des offrandes et d’un éventuel talisman au nom d’une divinité et qui lui sert de support se trouve un objet central : le miroir. Je ne prétendrais pas vous révéler sa signification car on en trouve de toutes sortes sur le net, et connaissant les japonais ils ont certainement eux-mêmes plusieurs théories. Comme je le conçois il est le parfait symbole du soleil, donc d’Horus/Rê seigneur de toute chose. Dans la cosmogonie héliopolitaine qui a mes faveurs, c’est le soleil qui est le démiurge. Du coup, étant le principe de toute chose, son symbole devient le symbole de tous les symboles, le symboles de toutes les divinités.

Du coup je vais retourner prospecter sur le net pour voir les solutions qui s’offrent à moi. Depuis longtemps j’avais un intérêt pour le shinto, mais malgré mes recherches acharnées cet intérêt ne semblait provenir d’aucun kami particulier. Peut-être que cet intérêt vient d’ailleurs et que je ne suis qu’au début d’un nouveau voyage spirituel.

Publié par : chemou | 21 janvier 2018

Ecclectisme

Bon, après avoir fait un petit point sur ce qu’est une tradition, au sens strict, j’ai envie de parler des traditions néo-païennes comme on l’entend dans la nébuleuse païenne. Plus précisément, comment peut-on s’inscrire dans une tradition supra-individuelle. En effet les traditions anciennes furent portées par des peuples entiers sur des siècles et des siècles. Chaque tradition, chaque panthéon forme un tout cohérent et unique même si des influences de voisinage sont inévitables. La tradition égyptienne a été la tradition qui m’a accueilli dans le paganisme, et quand je repense à comment ça s’est passé et comment cette tradition est toujours importante pour moi je me dis qu’il n’y a pas vraiment de choix. Ou alors qu’il est très fortement influencé.

Bref, la tradition égyptienne. Peut-être parce que je ne vis pas en Égypte, peut-être parce que je ne suis pas originaire de ce pays, peut-être aussi parce que ses divinités ont bourlingué à l’époque de l’Empire romain. Mais du coup, pour des raisons liées à celles précédemment citées, au bout d’un moment l’éclectisme est devenu une nécessité. Ma tradition-mère ne pouvait m’accompagner dans tous les détours de mon cheminement, elle ne pouvait pas contenir tout ce qui m’influence et fait que je suis moi-même. Et pourtant j’ai bien essayé mais au bout d’un moment il faut bien avouer qu’on se ment à soi-même. J’ai donc cheminé parmi les traditions cousines celto-scandinavo-germaines, un petit peu au sein de la tradition japonaise tout en ressentant que cette dernière ne faisait pas écho en moi, puis la tradition romaine. Tout cela en gardant pour « mère-patrie » spirituelle la tradition égyptienne, que je voyais à chaque nouveau voyage sous un nouveau jour.

Mais cet éclectisme crée forcément des brèches dans le tout cohérent de toutes ces traditions, brèches par lesquelles passent pratiques, croyances et divinités. Du coup, vu que c’est quelque chose éminemment personnel je ne parlerais que pour moi, laissant à chacun le droit de se faire avis, mais je ne comprends pas comment certains peuvent rester fixés sur une seule et même tradition. Comment ils peuvent trouver dans la spiritualité d’un seul peuple les supports spirituels à l’ensemble de leur être. Comme je l’ai dit dans un précédent article sur l’identité, je considère comme normal d’honorer toutes les strates de mon lignage ancestral, mais aussi de mon lignage « de cœur », celui qui me façonne en tant qu’individu actuel vivant dans le monde actuel. D’où l’inévitabilité d’avoir une spiritualité un minimum éclectique faisait une place à toutes ces facettes. Le tout est de trouver le juste équilibre pour ne pas tomber dans l’éclectisme chaotique, de trouver un ordre assurant la cohérence de l’ensemble.

Mais le voyage n’ayant jamais de fin, cet ordre doit nécessairement être mouvant s’il veut maintenir son office. Sinon, à l’instar d’Osiris, il fini par être mis en pièces et le chaos prend place. Du coup je suis persuadé que c’est la raison pour laquelle la tradition romaine m’a appelé. Car son Empire a connu un brassage ethnique, culturel et cultuel sans précédent à l’époque, et même jusqu’à nos jours. Bon certes il a fini par s’effondrer avec le temps et à cause des ambitions de certains, mais ça c’est une autre histoire !

Publié par : chemou | 10 janvier 2018

Tradition

Suite à la publication du dernier article de l’abécédaire païen, je me suis décidé à retourner à mon clavier. Divers échanges sur le forum Agora m’avait amené à réfléchir sur le sujet de la Tradition, sur ce que c’était vraiment et, dans le sens où on l’emploie couramment dans la Mouvance, dans quelle tradition je me trouve. Et après la publication de l’article ayant trait à la sorcellerie, et surtout après les réactions qu’il a suscité, je me suis décidé à réfléchir à la question. Mais en premier lieu il convient de définir de quoi on parle.

Le dictionnaire larousse fait venir le mot du latin « traditio » (action de transmettre) et lui confère 04 définitions. Je n’en évoquerais que 03, la dernière relevant du droit :

– ensemble de légendes, faits, doctrines, opinions, coutumes, usages, etc, transmis oralement sur un long espace de temps

– manière d’agir ou de penser transmise depuis des générations à l’intérieur d’un groupe

– transmission du contenu de la vérité révélée à partir de l’Écriture, par les écrits des Pères de l’Église, les conciles, les écrits des docteurs de l’Église, la liturgie et les documents pontificaux, dans la fidélité à l’action du Saint-Esprit

Le wiktionnaire donne la même étymologie mais donne d’autres définitions :

– mode de transmission naturel de tout ou partie de la culture d’un peuple, de génération en génération, au sein de la vie ordinaire (par opposition à l’enseignement d’élite ou moderne, aux médias, etc). Cette définition explique la définition suivante

– élément de la culture ainsi transmis naturellement, choses sues par la voie de la tradition : connaissances, pratiques, morale, etc

– ensemble d’habitudes propres à un groupe social ou professionnel

– interprétation, par les théologiens, des textes sacrés des religions

Quand je lis ces différentes définitions, je trouve tout d’abords qu’aucune ne colle parfaitement avec les différentes traditions païennes résurgentes que l’on peut trouver en occident. Nous n’avons pas de transmission orale ou « naturelle » sur une longue durée, pas de transmission intergénérationnelle (ou alors balbutiante) et donc pas d’habitudes au sein des groupes qui composent la nébuleuse néo-païenne. En fait les seules définitions qui pourraient coller à peu près sont les définitions religieuses qui, à vue d’œil, se réfèrent surtout au catholicisme bien que les traditions païennes ne reconnaissent pas de textes sacrés comme la Bible ou le Coran. Mais nous avons les publications scientifiques des historiens, archéologues, etc, ainsi que celles des auteurs « de référence » plus religieux et spirituels et certains « blogueurs à succès ».

Le cas de la sorcellerie est néanmoins différent de celui des autres religions (pour ne pas utiliser le terme de tradition qui fait polémique, et pour utiliser un autre terme qui fait aussi polémique) païennes résurgentes parce que, justement, la sorcellerie contemporaine naît avec Gardner, c’est à dire à la fin du XIXème, et non en des temps pré-historiques. De plus, contrairement aux autres traditions qui ont été portées par des peuples entiers sur des siècles voir des millénaires, la wicca, même si aujourd’hui sa forme originelle est devenue minoritaire au milieu de la myriade de ses déclinaisons, est une construction artificielle élaborée par une poignée d’individus sensée faire renaître une hypothétique tradition universelle. Et si des pratiques magiques ont eu lieu en tout lieu depuis la nuit des temps, elles ne formaient pas une tradition par elles-mêmes mais étaient un produit de ces traditions, se basaient sur elles pour trouver leur efficience et étaient une partie d’un tout. Pour tout ça je suis porté à dire que, si on peut encore qualifier de tradition les religions issues des anciennes cultures car elles leurs étaient consubstantielles, on ne le peut pas pour la sorcellerie. On peut parler d’art ou de science à la limite. Mais …

Nous sommes en 2018. La sorcellerie contemporaine a un peu plus d’un siècle d’existence. Qui sait quel visage elle aura au siècle prochain ? A ses débuts, le christianisme aussi était une multitude sans fin de chapelles et, si c’est encore le cas pour sa partie protestante, ses parties catholique orthodoxe sont aujourd’hui assez homogènes. Dans l’absolu qu’une tradition au sens strict du terme naisse d’une pratique ne me paraît pas improbable. On peut aussi tout à fait comparer la sorcellerie contemporaine dans son contenu avec les différents ordres hermétiques païens, mais aussi chrétiens car bien qu’un lien fort unisse l’Église avec ses différents ordres grâce au culte du Dieu unique, leurs façons de l’honorer étaient fort différentes. Attendons de voir ce qui émergera de cette nébuleuse de chapelles, ce qui vaut également pour le reste de la néo-paganité.

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